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Oncle Maurice (Charles Lanert)

Détails du produit


Exposition-capsule des dessins de Charles Lanert

Prix 100
Preturile includ TVA.

Descriere

FRANCE
Hommage - Grand BAZ’ART 2015

Que fait-on d'Oncle Maurice?

Oncle Maurice, né en 1902, technicien en radiographie militaire, a passé les 35 ans après sa retraite à dessiner, jusqu’à ce qu’il en perde la vue. Il a réalisé des milliers d’œuvres – son légataire, le Père Jacques Benoist, avance une estimation de quelque dix milles pièces.
Ayant des moyens modestes, il utilisait des matériaux de récupération, surtout pour le carton et le papier, dont il a dû consommer des quantités prodigieuses. Un vrai „créateur humble” et compulsif, comme on les aime dans l’art brut et marginal.
Ou bien ? Autodidacte, il fait preuve d’un vrai talent de dessinateur et d’une intuition aiguë de la composition. Notre sélection, pour laquelle nous avons demandé le concours de l’artiste peintre Marcel Bénaïs, a été conçue de façon à ce qu’elle témoigne explicitement des facultés plastiques de cet « amateur ». Son langage esthétique, bien personnel, est partiellement emprunté à la microbiologie. Des lignes thématiques se distinguent : des créatures fantastiques, cachées dans des dentelles de points et de traits minuscules ; des portraits d’hommes – toujours les mêmes; des vues d’une ville non identifiée ; des formes rappelant les gamètes, comme pour témoigner d’une fixation sur la procréation dont il avait été exclu... La récurrence sur presque quarante ans de ces thèmes et l’exécution hyper-minutieuse en disent long sur la veine obsessionnelle de sa psyché.
Alors ? Était-il un artiste brut ? Difficile à dire, puisqu’il n’était pas dépourvu de culture visuelle ou de conscience artistique. Tout au contraire, il avait tellement la conscience de sa vocation qu’elle semble s’être transformée en névrose, comme en témoignent ses très intéressants «cahiers», jamais exposés auparavant. Voulant percer la peau blindée du monde de l’art – sans succès – il a essayé de s’y prendre de façon réglementaire, s’inscrivant au Syndicat National des Artistes.
Toutefois, une carte syndicale ne fait pas la reconnaissance d’un peintre. Les expositions avec leurs catalogues et affiches, les ventes aux enchères, oui ! Et, de tout ça, il n’avait pas.
Aussi, s’est-il mis à les produire: des catalogues d’expositions réelles, récupérés on ne sait où, dont il gardait les couvertures et les textes imprimés, mais remplaçait les visuels d’origine par ses propres dessins.
Peu importe que les textes parlaient d’un mexicain nommé Juan Soriano, par exemple, ils étaient bel et bien de vraies catalogues d’exposition et ses œuvres étaient dedans. Il y a aussi des catalogues des ventes aux enchères à l’Hôtel Drouot, « améliorés » de la même façon. Et dans ses autres «livres d’artiste» il y a des dizaines de dessins faits sur le dos de cartons d’invitation aux expositions d’autres artistes. Si ses contemporains lui refusaient la reconnaissance, il allait se la fabriquer à coups de ciseaux et de colle.
Conscience artistique, sens de l’humour ou obsession maladive? Brut ou pas? En tout cas, il ne serait pas le premier « brut » à se songer artiste. Que fait-on d’un Marcel Storr, par exemple ? Parfois il se voulait surréaliste et parfois proche de l’abstraction. À cause de cela, certains lui ont nié la moindre place dans l’art marginal, oubliant qu’on peut aspirer à être une chose sans l’être pour autant.
Dans «Mon nom est Rouge», Orhan Pamuk raconte qu’au Moyen Age les enlumineurs et miniaturistes
qui travaillaient dans les ateliers du Sultan perdaient souvent la vue à cause du labeur. Pour eux, la cécité était l’extase, car reconnaissance divine de leurs vertus. Maurice était à sa façon un miniaturiste et il est devenu aveugle. Si les maîtres d’Ispahan et Tabriz l’avaient connu, ils l’auraient peut-être célébré comme un des leurs. Mais peu l’ont connu, il paraît. Son vrai nom était Joseph Paul Gustave Vanneyre. Son nom d’artiste, Charles Lanert. En famille il était Oncle Maurice. J’ai choisi cet alter-ego parce que de tous les noms réels ou fictifs inscrits sur sa carte syndicale, c’est Maurice, pas Lanert, qu’il a souligné d’un trait appuyé, comme pour dire « voilà mon nom ». Ou comme s’il savait qu’il lui faudrait un nouveau passeport pour ce nouveau pays artistique. 

Texte par Oana Amăricăi
Oncle Maurice (Charles Lanert) http://www.grand-baz-art.fr/userfiles/a0730a14-ad98-4103-a164-bc8038a52760/products/3942663_list.jpg Artistes
1.00  
Le Festival International d’Art Marginal

10 rue de Cappeville
27140 Gisors

Siret n° 50971288100010
agrément n° 0271004611

Oana Amăricăi
+4 0743 631 692
oana@grand-baz-art.fr

Jean Luc Bourdila
+33 (0)6 62 62 57 72
contact@grand-baz-art.fr

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